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27 octobre 2018

Les photos-chocs de notre virée à Saint-Malo pour une visite impromptue aux monstres des mers de la Route du Rhum.

Météo-France avait prévenu, l'après-midi serait pluvieux, venteux et houleux.

     Éole, passablement dans les nuages, s'était cru en janvier avec sa maximale à 9°C et nous avait réservé un 25 km/h avec rafales à 50 bien senties au départ de la petite crique qui jouxte la plage du Prieuré à Dinard. Poséidon, son père, qui a toujours su gré au club de porter un nom aussi bizarre que le sien, était plutôt d'avis de conserver une mer à température estivale (de la Manche). Loin de se laisser décourager par ces querelles mythéorologiques, la section loisir du CKC3R, qui n'est pas née de la dernière pluie, prit la mer comme un seul homme, renvoyant cette météo 2.0 à ses normales saisonnières.

     Nous partîmes donc de Dinard contre vents et marée (ou plutôt avec la marée), faisant cap vers le port de Saint-Malo. Quelque immense voilier croisait effrontément au large de la pointe du Moulinet, et il fallut se mettre à deux pour empêcher Pierre de sortir sa voile et leur donner une leçon de navigation méritée.

     Enfin bref, nous arrivâmes tant bien que mal aux portes de Saint-Malo où le Condor – version Brittany Ferries – nous attendait pour partir sans prévenir juste derrière nous. Là, quatre multi-coques géants, qui avaient dû se faire refuser l'accès au port pour dieu-sait-quelles-bêtises, gisaient au pied des remparts dans un minuscule tirant d'eau. La protection qu'offrait le môle dut nous monter à la tête car nous entreprîmes de visiter les rafiots par dessous, ce que permettaient aisément leurs mensurations colossales. Nos têtes de baroudeurs des mers durent rassurer les propriétaires qui nous laissèrent nous promener à notre guise entre flotteurs et foils sous leurs gigantesques trampolines. Quel privilège d'admirer d'aussi près ces titans aux 35 mètres de mâture !

     Réalisant alors qu'un trimaran, aussi gros soit-il, n'est autre qu'un kayak de mer affublé de deux flotteurs et d'un mât, nous partîmes ragaillardis en direction du Petit Bé où le propriétaire nous attendait pour une visite guidée de son fort Vauban du 17ème siècle. Là, les deux Pierre eurent droit à une démonstration étonnante de remplissage du puits avec un seau (du moins si j'en crois les photos) et purent concourir pour le titre de la plus belle jupe (et perdre lamentablement) contre un sympathique Irlandais en kilt tout droit venu d'Avranches.

     Finalement, nous fîmes nos adieux à ce repère de brigands et profitâmes d'une houle chaotique pour surfer vent de dos jusqu'à Dinard. Nous savions que la sanction serait sévère. Chacun sait que le Prieuré à marée basse n'est pas plage à prendre à la légère, surtout par coeff 94. C'est le cœur lourd mais la tête haute que nous nous résolûmes à porter nos monomarans sans mât (OK, sauf pour Pierre) sur le kilomètre de sable et d'algues qui nous séparait de la remorque.

     Et c'est la larme à l’œil que Pierre fît péter les BN pendant que Pierre (l'autre, vous suivez?) nous ramenait à bon port (je veux dire à Saint-Do, vous le faites exprès ou quoi ?).

Bon, les gars, on remet ça dans 4 ans ?

Photos : Pierre Guyot, Pierre Salou